note
| - The aim of this dissertation is to understand the way in which narrative painting was \"read\" in ancient Japan. The study was based on a corpus of a dozen works produced between the 11th and the middle of the 13th century, and on numerous written sources. The first part looks at narrative and continuous paintings on hand scroll (emaki) from the point of their discursive and material organisation, taking account their specific format. The analysis method used is original in that it is based on the concepts of movie and literary narrating. In the second part, a wider body of work, which includes romantic (monogatari) and court ceremony (gyöj i) theme, is studied. And in-depth analysis of the paintings contemporary sources was used to give a general overview of the circumstances under which the works were produced and used which, in turn, gives us a better understanding of Japanese society and culture at this time. We look at the role of the painter and the \"art director\" in the production process and at the question of the expectation of the viewer with regard to links between the contents of the images and their object of reference (other paintings, written texts, historical facts, generally accepted rules). We also study the issue of representation of the experience of the viewer through poetry composition and visual documents. We also show that the representation of non-religious historical facts appears in the second half of the 12th century. The third part is devoted to the study of one particular work : the \"Ban dainagon emaki\" (12h century). In conclusion, we propose the hypothesis that, in the second half of the 12th century, a new conception of painting emerged which allowed painting to transmit a message more effectively than the spoken or written word.
- L'objectif poursuivi par cette thèse est de comprendre comment et pourquoi la peinture narrative était-elle regardée dans le Japon ancien. Le travail s'appuie sur un corpus d'une douzaine d'œuvres réalisées entre le XIe et le milieu du XIIIe siècle, et sur de nombreuses sources écrites. Dans la première partie sont étudiées des rouleaux (emaki) à images narratives en continu, du point de vue de leur organisation matérielle et discursive, en tenant compte de leur format particulier. La méthode d'analyse, originale, emprunte des concepts à la narratologie filmique et littéraire. Dans la deuxième partie, le corpus pictural est élargi aux récits romanesques et aux cérémonies de cour. Par un aller et retour permanent entre les peintures et les sources, nous essayons d'appréhender globalement les circonstances de production et d'utilisation des œuvres, afin de saisir l'univers mental qui les a fait naître. Nous nous interrogeons sur le rôle dévolu au peintre et au maître d'œuvre dans le processus de production , sur la question de l'expérience du spectateur et sur les attentes de ce dernier en matière de liens entre le contenu des images et leur objet de référence (autres peintures, textes écrits, faits historiques, prescriptions). Nous montrons aussi que les représentations de faits historiques non religieux apparaissent dans la deuxième moitié du XII e siècle. La troisième partie est consacrée à l'étude d'une œuvre : le \"Ban dainagon emaki\" (XIIe siècle). Au cours de l'analyse, il ressort que les peintures ont pu être comprises comme un mode d'expression spécifique auquel il était attribué des qualités rhétoriques qui ont été délibérément utilisées. En conclusion, nous formulons l'hypothèse que, dans la deuxième moitié du XIIe siècle, se dessine une nouvelle conception de la peinture selon laquelle celle-ci permet de transmettre, mieux que la parole vive ou écrite, un message.
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